Infos pratiques
Point de départ : Gare du Montenvers
Point d’arrivée : Aiguille du Midi
Nuit : Refuge du Plan de l’Aiguille
Durée : 2 jours
Période : Juillet
Niveau & matériel
Pour la première journée, les Frêtes des Charmoz constituent une excellente course pour mettre en pratique les techniques d’alpinisme rocheux.
Cotée PD+, l’itinéraire alterne progression sur une arête esthétique et quelques passages d’escalade pouvant atteindre le 4b.
Pour cette course, nous avons eu besoin de quelques friends (3 par cordées en l’occurrence), un jeu de coinceurs et le matériel classique d’alpinisme. Aucun rappel n’est nécessaire.
La seconde journée se déroule sur glacier avec l’ascension de la Pointe Lachenal. Elle nécessite donc les crampons, le piolet, quelques broches à glace ainsi que tout le matériel de progression sur glacier.
Jour 1 — Les Frêtes des Charmoz

L’aventure débute par le célèbre train du Montenvers. Dès les premiers kilomètres, la montée offre une vue magnifique sur la vallée de Chamonix et sur les sommets emblématiques du massif.
Une fois arrivés à la Mer de Glace, nous faisons exactement le chemin inverse des touristes qui descendent vers la grotte de glace. Nous empruntons le sentier qui rejoint le Signal Forbes, véritable point de départ de l’ascension.
À partir de là, il faut quitter le sentier pour remonter un pierrier jusqu’au pied de l’arête. Les choses sérieuses commencent enfin.
Il ne reste alors plus qu’à suivre le fil des Frêtes jusqu’à leur sommet, situé à 2 630 m, juste avant l’Aiguille de l’M.



Camptocamp annonce environ 2h30 de parcours, mais ce temps suppose une parfaite maîtrise des manipulations de corde, des relais et des protections. De notre côté, encore assez débutants nous prenions notre temps pour bien nous assurer et progresser proprement, nous avons plutôt mis quatre heures.
Pendant toute la progression, l’Aiguille de l’M se dresse juste devant nous. Sur notre gauche apparaissent les Drus, l’Aiguille Verte et l’Aiguille du Moine, tandis que la vallée de Chamonix s’étend plusieurs centaines de mètres plus bas.


Une fois au sommet, nous prenons le temps de manger tout en observant les monstres qui descendent l’Aiguille de l’M en rappel juste en face de nous. Le spectacle est fascinant.


La journée n’est toutefois pas terminée. Il faut encore redescendre jusqu’au Grand Balcon Nord, puis suivre le sentier jusqu’au refuge du Plan de l’Aiguille, où nous passerons la nuit.
Jour 2 — Pointe Lachenal et Arête à Lolo
Après une bonne nuit de sommeil, nous quittons finalement le refuge vers 7h30, l’équivalent d’une grasse matinée dans le milieu et direction la gare supérieure de l’Aiguille du Midi, située à une quinzaine de minutes de marche.


Une fois arrivés en haut, nous nous équipons pour évoluer sur glacier. Baudrier, crampons, piolet en main, nous nous encordons en laissant environ huit mètres entre nous avant d’enjamber la grille de sécurité.

La descente de l’arête de l’Aiguille du Midi impressionne toujours autant. Le vide est immense, notamment sur la gauche, et chaque pas demande un minimum d’attention, ce n’est clairement pas le moment de se vautrer.
Nous rejoignons ensuite la Pointe Lachenal, premier objectif de la journée.




Une immense crevasse, large d’environ quatre mètres, nous oblige finalement à modifier notre itinéraire. L’ascension se fera directement dans la pente de neige, au piolet, en protégeant la progression grâce à plusieurs broches à glace. Nous en avons eu besoin de quatre.
Après cette montée physique, qui brûle rapidement les mollets, nous atteignons enfin la partie rocheuse de la pointe.
La fin de l’ascension est beaucoup plus simple. Quelques mètres d’escalade facile permettent de rejoindre le sommet, avec uniquement quelques becquets utilisés pour assurer la progression.

Après une courte pause, nous redescendons sur le glacier afin de rejoindre notre deuxième objectif : l’Arête à Laurence.




Cette jolie course rocheuse permet d’atteindre le refuge des Cosmiques, où une omelette et une part de tarte nous attendent. Difficile de rêver meilleur déjeuner après deux journées bien remplies.
Pour conclure ce week-end, nous remontons une dernière fois l’arête de l’Aiguille du Midi avant de reprendre le téléphérique jusqu’à Chamonix.
Deux journées particulièrement complètes qui nous auront fait toucher à presque toutes les facettes de l’alpinisme : progression sur arête, escalade, glacier et haute montagne. Une aventure formatrice et incroyablement esthétique, au cœur du massif du Mont-Blanc.
