Infos pratiques
Point de départ : Pont (Valsavarenche, Italie)
Nuit : Refuge Vittorio Emanuele II
Durée : 2 jours
Période idéale : Juin à début septembre
Budget :
- 60€ pour la nuit en refuge avec dîner et petit déjeuner
- 50€ pour la location des chaussures d’alpinisme, crampons et piolet de marche
- 70€ l’allée-retour pour le tunnel du mont blanc
Niveau & matériel
Comme souvent en alpinisme, une bonne condition physique est indispensable. En revanche, le Grand Paradis est une course peu technique : il faut simplement être à l’aise avec la marche en crampons et connaître les bases de l’évolution sur glacier.
Check-list alpinisme en autonomie :
- Chaussures d’alpinisme
- Crampons
- Piolet
- Casque
- Baudrier
- Mousquetons de sécurité
- Corde
- Sangles et dégaines
- Collant
- Pantalon d’alpinisme
- Surpantalon imperméable
- Doudoune
- Veste Gore-Tex
- Gants
- Tour de cou
- Casquette
- Lunettes de soleil
- Frontale
- Gourdes
- Barres énergétiques
- Batterie externe
- Drap de soie
- Boules Quies
Jour 1 — Montée au refuge Vittorio Emanuele II
Partis d’Aix-les-Bains en voiture, nous rejoignons l’Italie en empruntant le tunnel du Mont-Blanc avant d’arriver dans le petit hameau de Pont, point de départ de l’ascension. Après avoir laissé la voiture sur le grand parking gratuit situé en face du Gran Paradiso Trekking Hotel, il ne reste plus qu’à suivre le sentier qui mène au refuge.



Nous mettons environ 1 h 45 pour le rejoindre. Le chemin est parfaitement balisé et les paysages donnent immédiatement le ton du week-end.


Le refuge est idéalement situé, au bord d’un petit lac où il est possible de tremper les pieds après la montée. Les alentours sont également riches en faune : nous avons rapidement aperçu des marmottes et bouquetins.
Le refuge est confortable, on y mange très bien et les dortoirs sont de taille raisonnable. Nous avons même eu la chance d’avoir une chambre rien que pour nous quatre.
Jour 2 — Ascension du Grand Paradis
En pleine canicule, nous avons choisi de partir très tôt afin de maximiser nos chances d’avoir une neige encore bien gelée. C’est donc pour nous : réveil à 3h, petit-déjeuner à 3 h 30 et départ à 4 h 🫡.
Le refuge ne sert normalement pas le petit-déjeuner aussi tôt, mais il s’adapte en fonction des départs des alpinistes. Au menu : café, thé, pain, céréales, lait et jus de fruit à volonté. Seuls le beurre, le miel et le Nutella sont rationnés.
À peine le refuge quitté, impossible de se perdre. De véritables processions d’alpinistes se mettent en route au même moment, formant des files de frontales serpentant dans la montagne.
Pour une première ascension en autonomie, c’est plutôt rassurant mais pour ceux qui recherchent une ambiance plus sauvage ou solitaire c’est un peu moins plaisant.
Il nous aura fallu environ quatre heures pour atteindre le sommet. L’ascension ne présente aucune difficulté particulière. En revanche, avec les fortes chaleurs des jours précédents, nous sommes restés particulièrement vigilants aux éventuelles crevasses et aux ponts de neige, qui peuvent devenir plus fragiles au fil de la journée. Heureusement, la trace parfaitement dessinée par les centaines d’alpinistes passés avant nous sert presque de GPS et nous permet d’avancer sereinement.
En haut, il y a en réalité deux points culminants. Le premier est celui de la Madone, accessible par un court passage type via ferrata. Le deuxième, juste derrière, est le véritable sommet du Grand Paradis (4 061 m). L’escalade finale est facile grâce à de nombreuses prises larges, mais elle reste aérienne. Il faut être à l’aise avec le vide.



La descente s’effectue par le même itinéraire. Si elle est censée être plus rapide sur le papier, la neige, ramollie par la chaleur, a considérablement ralenti notre progression. Sur certaines portions, nous avons même fini par descendre en glissant sur les fesses, bien plus efficace que de marcher.
De retour au refuge, impossible de repartir sans une dernière pause : un café, une part de tarte, puis il ne reste plus qu’à redescendre jusqu’au parking.
Nous retrouvons finalement la voiture vers 14h, soit environ six heures après avoir quitté le sommet, pause au refuge comprise.
Le Grand Paradis est probablement l’une des meilleures courses pour découvrir les sommets de plus de 4 000 mètres en autonomie.
L’itinéraire est évident, le refuge est agréable, la fréquentation importante offre de nombreux repères visuels et la trace est déjà faite . Tout cela permet de se concentrer sur l’essentiel : découvrir la haute montagne et profiter du moment.
Ce n’est peut-être pas la course la plus sauvage des Alpes, mais c’est sans doute l’une des plus accessibles pour franchir pour la première fois la barre symbolique des 4 000 mètres.








